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Über Onetti: Autoren A – ZJuan Carlos Onetti: Laissons parler le ventCatherine Argand Tout commence par un vieux en train de pourrir et finit pistolet à la main aux premières lueurs de l'aube. Entre les deux scènes, des personnages dantesques, douloureux et pestilentiels se déplacent dans les bas-fonds du rêve. Ils baisent, aiment, intriguent, se saoulent et pleurent à Santa María, la cité fantôme chère à Juan Carlos Onetti (1909-1994) qui, d'un livre à l'autre, travaille sur le même motif. Celui, inépuisable, de l'inassouvissement et du désespoir, de la poisse poisseuse et du remords, sculpté dans les trottoirs. Onetti, pour qui rien de l'être n'est inavouable, l'écrit lui-même: «Un rêve en remplace un autre comme un papier peint recouvre le précédent.» Il dit autre chose encore dans ce roman terminé en 1979: qu'un homme qui croit est plus dangereux qu'un homme qui a faim. |
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