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ONETTI, Juan Carlos
[URUGUAY] (Montevideo,
1909 — Madrid, 1994). Après avoir interrompu
ses études dès le secondaire, il exerce
une foule de petits emplois divers. En 1930, il se marie
avec une homonyme María Amalis Onetti (trois
ans plus tard, il épousera María-Julia
Onetti, sœur de sa première femme). Il commence
à écrire dès le début des
années trente des nouvelles ainsi qu'un roman
Tiempo de abrazar qui ne sera publié qu'en
1974. Dans Le Puits (1939), premier roman qu'il
publie, tous ses thèmes favoris : la solitude,
la nuit, le rêve, la ville, le temps, la confusion,
le dépit, l’insatisfaction, l’indifférence
s'y trouvent déjà, subtilement entrelacés
dans un monde complexe et déchirant. À cette
époque, il dirige la section littéraire
de la revue Marcha de Montevideo, pour laquelle
il écrit des nouvelles et des critiques sous
différents pseudonymes. En I941, il publie Terre
de personne, puis, l'année suivante, il s'installe
à Buenos Aires où il travaille comme journaliste
pour l'agence Reuter jusqu'en 1954. Au cours de cette
période, qui correspond au péronisme triomphant
il rédige plusieurs romans : Une nuit
de chien (1943), inspiré par l’un des épisodes
les plus tragiques de la guerre d'Espagne. Dans une
atmosphère d’apocalypse, une ville en état
de siège se retrouve déchirée en
factions rivales. L'enjeu est un bateau, seul espoir
d'échapper au bombardement de cette cité
plus ou moins rio-platéenne. Puis en 1950, c'est
La Vie brève, un roman capital, où
apparaît pour la première fois sa ville mythique,
Santa María (référence explicite
à William Faulkner et au comté de Yornapatawpha),
ville à la fois cruelle et attirante, reflet
et gouffre de l'homme moderne, témoin impitoyable
de la solitude urbaine. Quatre ans plus tard, en 1954,
Onetti écrit Les Adieux, roman admirable,
aussi déconcertant que poignant, aussi sombre
qu'ambigu, à la trame simple mais à l'art
sournois et subtil. Il revient ensuite à Montevideo
où il est nommé directeur des bibliothèques
municipales. Il continue alors à développer
cet univers obscur et déroutant de Santa María
en écrivant en 1961, Le Chantier puis,
en 1964, Ramasse-vioques. Chronique noire, car
Santa María est une ville sur laquelle pèse
une malédiction mortelle, qui n'est autre que
la condamnation à la solitude et à la
destruction finale, elle sera incendiée à
la fin de Laissons parler le vent (1979). Pendant
cette période Onetti écrit de nombreuses
nouvelles qu'il publie en diverses anthologies (Un
sueno realizado, 195I ; Para una tumba sin
nombre, 1959 ; Un cara de la desgracia,
1960 ; La novia robada, 1968) et qu'il réunira
dans un gros volume en 1976 : Tan triste como
ella y otros cuentos (La plupart de ces nouvelles
sont traduites dans les recueils Les Bas-fonds du
rêve et La Fiancée volée).
Après avoir publié en 1973 La muerta
y la niña, Onetti est arrêté
sous le prétexte de « pornographie »
par le régime militaire uruguayen. Maintenu au
secret de février à octobre 1974, il est
relâché après une campagne de protestations
internationales. En 1975, il s'installe à Madrid
et reçoit ainsi que sa quatrième épouse
la nationalité espagnole. Il y publie en 1979
Laissons parler le vent, récit brillant
et audacieux à la frontière de l’abstraction
dramatique.
ANTHOLOLOGIES / REVUES :
Nouvelles : « Salut Bob » (Bienvenido
Bob, 1951), traduit de l'espagnol par Claude Couffon,
dans Les Lettres Nouvelles n° 16, 1961 et dans
Histoires étranges et fantastiques d'Amérique
latine, Métailié, 1989/1997 — «
Présence », traduit de l'espagnol par Claude
Couffon dans Anthologie de la nouvelle hispano-américaine,
Belfond, 1981 et dans Menaces, L’Atalante, 1993
— « Savon », traduit de l’espagnol par André
Gabastou, dans le Serpent à Plumes n°
6, hiver 1989-90 / n° 11, 1994 — « Matias le télégraphiste »,
traduit de l’espagnol par Albert Bensoussan, dans la
Nouvelle Revue Française n° 417, octobre
1987 et dans L’Amérique latine et la Nouvelle
Revue Française 1920-2000, Gallimard, 2001.
— Le Puits (El pozo, 1939), roman, traduit
de l'espagnol et postfacé par Louis Jolicœur.
[Paris], Éditions Christian Bourgois, 1985, 104
p., épuisé — réédition (avec
Les Adieux) : [Paris], U.G.E., « 10-18.
Domaine étranger » n° 2505, 1994, 192 p.,
6 €.
— Terre de personne (Tierra de nadie,
1941), traduit de l'espagnol par Denise Laroutis. [Paris],
Éditions Christian Bourgois, 1989, 320 p., 18.29 €
— réédition : [Paris], U.G.E., «
10-18. Domaine étranger » n° 2590, 1995,
320 p., 7.30 €.
— Une nuit de chien (Para esta noche,
1943), roman, traduit de l'espagnol par Louis Jolicœur.
[Paris], Éditions Christian Bourgois, 1987 —
réédition : [Paris], U.G.E., «
10-18 » n° 2072, 1990, 304 p., 6.90 €.
— La Vie brève (La vida breve,
1950), roman, traduit de l'espagnol par Alice Gascar.
[Paris], Éditions Stock, 1971, 350 p., épuisé
— nouvelle édition : La Vie brève,
traduit de l'espagnol par Alice Gascar et Claude Couffon.
[Paris], Éditions Gallimard, « Du monde
entier », 1987, 348 p., 17.53 €.
— Les Adieux (Los adioses, 1953), roman,
présenté et traduit de l'espagnol par
Louis Jolicœur. [Paris], Éditions Christian Bourgois,
1984, 1998, 160 p., 13.72 €.
— réédition (avec Le Puit) :
[Paris], U.G.E., « 10-18. Domaine étranger »
n° 2505, 1994, 6 €.
— Le Chantier (El astillero, 1961), roman
traduit de l'espagnol par Laure Guille-Bataillon, préface
de Max-Pol Fouchet. [Paris], Éditions Stock,
1967, 212 p., épuisé — nouvelle édition :
Le Chantier, traduction revue par la traductrice,
préface de Max-Pol Fouchet. [Paris], Éditions
Gallimard, « Folio » n° 1601, 1984, 256 p.,
6.30 €.
— Trousse-vioques (Juntacadaveres, 1964),
roman, traduit de l'espagnol par Jean-Jacques Villard.
[Paris], Éditions Stock, 1967, 292 p., épuisé
— nouvelle édition sous le titre Ramasse-vioques,
traduit de l'espagnol par Albert Bensoussan. [Paris],
Éditions Gallimard, « Du monde entier »,
1986, 264 p., 14.03 €.
— Les Bas-fonds du rêve, nouvelles tirées
des recueils Para una tumba sin nombre (1959)
et Tan triste como ella y otros cuentos (1976),
traduit de l'espagnol par Claude Couffon, Laure Guille-Bataillon
et Abel Gerschenfeld. [Paris], Éditions Gallimard,
« Du monde entier », 1981, 320 p., 17.07 €
— réédition : Éditions Gallimard,
« Folio » n° 2341, 352 p., 7.60 €.
— La Fiancée volée, nouvelles tirées
des recueils La novia robata (1968), La muerte
et la niña (1973), Tiempo de abrazar y
los cuentos de 1932 a 1950 (1974) et Tan triste
como ella y otros cuentos (1976), traduit de l'espagnol
par Albert Bensoussan. [Paris], Éditions Gallimard,
« Du monde entier », 1987, 228 p., 14.46 €.
— Laissons parler le vent (Dejemos hablar
al viento, 1979), roman, traduit de l'espagnol par
Claude Couffon. [Paris], Éditions Gallimard,
« Du monde entier », 1996, 324 p., 22.87 €.
— Demain sera un autre jour (Presencia y otros
cuentos, 1986), nouvelles, traduit de l'espagnol
par André Gabastou. [Paris], Éditions
Le Serpent à plumes, 1994, 104 p., épuisé
— nouvelle édition augmentée : Demain
sera un autre jour. Éditions Le Serpent à
plumes, « Motifs » n° 145, 2002, 150 p.,
6 €.
— C’est alors que (Cuandos entonces, 1987),
roman, traduit de l'espagnol par Albert Bensoussan.
[Paris], Éditions Gallimard, « Du monde
entier », 1989, 128 p., 10.67 €.
— Quand plus rien n’aura d’importance (Cuando
y a no importante, 1993), roman, traduit de l'espagnol
par André Gabastou. [Paris], Éditions
Christian Bourgois, 1994, 208 p., 15.24 € — réédition :
[Paris], U.G.E., « 10-18. Domaine étranger »
n° 3284, 2001, 208 p., 6.40 €.
BIBLIOGRAPHIE :
— Elena Andreoli Ralle, Juan Carlos Onetti,
la plume et le puits [Contient le texte intégral
en espagnol du roman El Pozo]. [Paris], Éditions
Belles Lettres / Annales littéraires de l’Université
de Besançon n° 348, 1987, 502 p., illus., 45.73 €.
— Ramon Chao, Juan Carlos Onetti, traduit
de l’espagnol par Marie-Claude Dana et Danièle
Obadia. [Paris], Éditions Plon, « Biographique »,
1990, 230 p.
FILMOGRAPHIE : Juan
Carlos Onetti, un escritor (1973), documentaire
de Julio Jaimes — El infierno tan temido (1980),
film de Raúl de La Torre, scénario de
Raúl de La Torre et Juan Carlos Onetti d’après
sa nouvelle « Ese infierno tan temido »,
avec Enrique Almada Andrés Barragán, Graciela
Borges — El Astillero (2000), film de David Lipszyc,
d’après le roman Le Chantier (1961), avec
Ricardo Bartis, Mía Maestro, Ingrid Pelicori.
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